KIM FOWLEY

    Comme tous les grands mystificateurs de l'histoire du rock, Kim Fowley a toujours eu l'art de brouiller les pistes. Est-il né à Manille, comme certains le prétendent, ou on Nouvelle-Zélande, comme d'autres l'affirment ? Une chose est sûre, Kim Fowley est un sacré menteur. Un réel génie, aussi. Issu d'une famille de "saltimbanques" (père acteur, grand-père compositeur de comédies musicales), notre homme, installé en Californie, inaugure les Sixties avec un hit énorme, "Alley oop", signe quelques Top One des charts US ("Nut Rocker" de B. Bumble And The Stingers, "Popcicles And Icicles" des Murmaids).

    Il devient en pleine période hippie un des personnages parmi les plus excentriques de L.A., fricottant indifféremment avec les Mothers Of Invention, Fleetwood Mac, Deep Purple, Soft Machine ou Steppenwolf, belle brochette ! (pour la petite histoire, c'est lui qui annonce le Plastic Ono Band sur le légendaire "Live Peace In Toronto").

    A la fin de cette décade prodigieuse, Kim Fowley se met à son compte ("Love Is Alive And Well") avant de signer quelques années plus tard ses meilleurs albums ("I'm Bad" et "International Heroes"), aujourd'hui objets du culte.

    La tête ailleurs, fourmillant de projets, Kim Fowley n'en devient pas pour autant saisissable, loin de là. On retrouve sa trace derrière les Runaways (qu'il monte de toutes pièces), au côté de John Cale dans la production du "Modern Lovers" de Jonathan Richman, ou à travers les rares albums qu'il daigne de temps en temps nous accorder, en mégalo complet et en légende dorée, pour initiés. Drôle d'oiseau !

    Philippe Blanchet.


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