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Une maison religieuse est fondée vers 680 quand le roi Saxon Merewalh de Mercia construit un monastère pour homme et femme. La fille de Merwalh, Milburge, est la seconde abbesse de Wenlock, et devient fameuse pour les miracles qu'elle y accomplit. Elle fut canonisée peu après sa mort (entre 722 et 730).

Le double monastère (masculin et féminin) a survécu sous cette forme jusqu'en 1040 environ, et ce malgré les raids Danois sur tous les Midlands. Wenlock aurait été même attaqué en 874. Vers 1040, le Earl Léofric de Mercia et sa femme Godgifu (Lady Godiva) en font un collège pour moines séculiers, subvenant aux besoins spirituels de la région.
Après la conquète de l'Angleterre par Guillaume de Normandie en 1066, Roger de Montgomery qui controlait une grande partie du Sussex et du Shropshire, décide de faire venir des moines clunisiens de La Charité sur Loire. L'abbaye devient ainsi en 1080 un prieuré clunisien dédié à Sainte Milburge et à Saint Michel, un apport étant payé annuellement à Cluny. De nouveaux bâtiments complètent l'église reconstruite peu de temps avant.

La découverte des restes de Sainte Milburge en 1101, et les miracles qui y ont été associés, ont fait croître la renommée du prieuré, devenant un lieu de pélerinage. Le village de Wenlock a commencé a grossir à l'extérieur de l'enceinte du prieuré. Le prieuré de Wenlock devient alors assez fort pour fonder des maisons-filles, comme le prieuré de Sainte Hélène sur l'ile de Wight, ou d'autres fondations à Dudley, Paisley (en Ecosse)... Après 1200, le prieur Humbert, proche du roi Henry III, bénéficie de plusieurs dons, et entreprend la construction d'une église plus grande (avec 107 mètres de long, elle est peut-être la plus grande de son époque). Henry III y séjourne plusieurs fois, et y fait entreposer son vin.
En 1272, John de Tycford, à l'origine de la ruine du prieuré de Berdmondsey, devient prieur de Wenlock, et mène la maison clunisienne à la faillite. Un groupe de moines désavouant le prieur se cachent dans la forêt et prenent les armes avec la ferme intention de mettre fin aux méfaits du prieur. Le chroniqueur de Worcester nous assure de leur succès. En 1417, le prieur John Mar a été accusé d'avoir participé à un complot contre le roi Henry V par magie noire. Les vrais instigateurs du complot furent condamnés, mais le prieur est acquité faute de preuves suffisantes.

La Guerre de Cent Ans (1337-1453) a des conséquences très dures pour tous les monastères français sur le sol anglais. Et le prieuré de Wenlock, incapable de payer les taxes supplémentaires, applique une charte pour devenir un prieuré anglais en 1395. Un apport est payé à La charité sur Loire, et le prieuré dépend maintenant du Collège Royal de Cambridge.
En 1521, le Docteur John Allen, venu à Wenlock pour régler un conflit de succession, met en évidence l'immoralité et le manque le dévotion qui règne parmi les moines. Le prieuré s'en trouve fort discrédité. Le dernier prieur, John Bayley, a tenté de faire survivre sa maison à la grande Dissolution orchestrée par Thomas Cromwell. Mais en 1540, le prieuré ferme définitivement ses portes, quelques bâtiments domestiques sont vendus et occupés tandis que le reste (dont l'église) est lentement et systématiquement détruit pour récupérer les pierres.

Vous pouvez voir un plan de l'abbaye établi par English Heritage, ainsi qu'une vue aérienne du site, et une gravure réalisée en 1937 représentant ce qu'était le prieuré en 1500.

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